Air France filtre ses équipages vers Israël : l’Algérie ciblée

par k.sifeddine

Une vive polémique secoue la compagnie aérienne Air France suite aux révélations publiées par le média d’investigation Mediapart. Selon ce dernier, le transporteur français applique désormais une consigne stricte émise par le ministère israélien des Transports, imposant le tri de ses personnels navigants en fonction de leur nationalité d’origine sur l’ensemble des liaisons desservant Israël.

Une directive imposant le filtrage selon la nationalité

D’après les éléments révélés par l’enquête de Mediapart, Air France a répercuté cette exigence à travers une note interne adressée à ses pilotes ainsi qu’aux membres du personnel navigant commercial (PNC). Le texte stipule que tout membre d’équipage opérant un vol à destination d’Israël ou survolant son espace aérien ne doit en aucun cas posséder la nationalité, y compris binationale, d’un État dépourvu de relations diplomatiques officielles avec Tel-Aviv. Cette directive s’applique de manière indifférenciée aux personnels disposant par ailleurs de la nationalité française, la compagnie précisant que tout manquement à ce protocole expose les salariés à des mesures disciplinaires.

L’Algérie parmi une liste de trente-et-un États exclus

Cette mesure restrictive a été émise dans le sillage d’un incident survenu fin septembre à bord d’un vol de la compagnie Flydubai reliant les Émirats arabes unis à Israël, durant lequel une altercation a éclaté entre un copilote de nationalité omanaise et le commandant de bord. Les restrictions imposées concernent expressément les ressortissants de trente-et-un pays, au sein desquels figure l’Algérie. La liste intègre également l’Afghanistan, l’Arabie saoudite, le Bangladesh, Brunei, la Colombie, les Comores, la Corée du Nord, Cuba, Djibouti, l’Indonésie, l’Irak, l’Iran, le Koweït, le Liban, la Libye, la Malaisie, les Maldives, le Mali, la Mauritanie, le Nicaragua, le Niger, Oman, le Pakistan, le Qatar, la Somalie, le Soudan, la Syrie, la Tunisie, le Venezuela et le Yémen. Qu’ils soient mononationaux ou binationaux, ces personnels se voient interdire l’accès aux plans de vol concernés.

Une vague d’indignation et de réactions politiques en France

La diffusion de cette consigne a suscité de vives critiques au sein de la classe politique française. Le secrétaire général du Parti communiste français, Fabien Roussel, a dénoncé sur les réseaux sociaux une ingérence inacceptable, interpellant l’exécutif face à ce qu’il qualifie de discriminations directes imposées au sein d’une entreprise stratégique. De son côté, le député de La France insoumise Thomas Portes a vivement fustigé la position de la compagnie aérienne, accusée de se plier à des exigences contraires au droit du travail, tandis que l’eurodéputée Rima Hassan a déploré qu’Air France applique des mesures discriminatoires à l’encontre de ses propres salariés. La décision de se conformer à ces injonctions continue d’alimenter un vaste débat sur le respect des droits des personnels au sein des liaisons internationales.

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