L’Algérie et l’Afrique du Sud ont réaffirmé leur détermination à accélérer leur coopération économique lors d’une réunion ministérielle bilatérale organisée le 15 octobre à Alger. Coprésidée par le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, et le ministre sud-africain des Relations internationales et de la Coopération, Ronald Lamola, cette séance de travail visait à évaluer la mise en œuvre des engagements pris lors de la 7ᵉ session de la Haute Commission bilatérale tenue en décembre 2024. Les deux capitales entendent désormais dépasser le cadre juridique initial pour bâtir des projets productifs mesurables.
Un nouveau cadre de suivi pour dynamiser les investissements
Les deux délégations ont signé un mémorandum d’entente créant un mécanisme ministériel de suivi de l’examen à mi-parcours, afin de garantir l’application des décisions arrêtées d’un commun accord. Cette démarche prépare également la tenue de la 8ᵉ session de la Haute Commission bilatérale, programmée à Pretoria sous la coprésidence des chefs d’État. Le renforcement des flux commerciaux et financiers demeure la priorité absolue de cette nouvelle séquence de coopération.
Pour concrétiser cette orientation, Alger et Pretoria prévoient l’opérationnalisation rapide du Comité mixte du commerce et de l’investissement ainsi que la redynamisation du Conseil d’affaires mis en place en 2023. Des initiatives de terrain sont déjà programmées, incluant une mission d’opérateurs sud-africains en Algérie, une exposition dédiée aux produits algériens à Johannesburg et l’intensification des liaisons directes entre chambres de commerce respectives.
Des synergies industrielles, logistiques et énergétiques
Les opportunités sectorielles englobent l’industrie, le transport, le numérique, les start-up ainsi que l’agro-industrie, à l’instar d’un nouveau partenariat stratégique bilatéral engagé dans le domaine agroalimentaire. Sur le plan logistique, les deux pays étudient un projet de jumelage entre le port de Djen Djen et le port de Durban, appuyé par la desserte aérienne directe reliant Alger à Johannesburg afin de fluidifier les déplacements d’affaires et de recherche.
Le volet énergétique et minier a constitué un autre temps fort des discussions, relayé par des entretiens avec Mohamed Arkab, ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, et Mourad Hanifi, ministre des Mines et des Industries minières. Les échanges ont porté sur le gaz naturel, le GNL, la pétrochimie, l’énergie solaire, l’hydrogène vert et l’extraction de minéraux critiques. Les deux pays s’accordent sur la nécessité de garantir la souveraineté africaine sur ses ressources minières tout en développant le transfert technologique et des chaînes de valeur locales.
Intégration continentale et convergence géopolitique
Sur le plan scientifique, un accord en cours de finalisation entre l’Académie algérienne des sciences et des technologies et l’Académie des sciences d’Afrique du Sud stimulera la recherche en intelligence artificielle et en biotechnologie. Concernant les enjeux panafricains, les deux nations réitèrent leur engagement en faveur de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), de l’Agenda 2063 et du NEPAD, dont le 25ᵉ anniversaire rappelle le rôle moteur d’Alger et de Pretoria dans l’intégration économique continentale.
Cette vision partagée se reflète enfin sur la scène internationale à travers l’attachement au droit international et la revendication d’une réforme de la gouvernance mondiale, notamment au Conseil de sécurité de l’ONU selon le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte. Les deux parties ont réaffirmé leur plein soutien à l’autodétermination du peuple palestinien ainsi qu’au droit inaliénable du peuple sahraoui à décider de son avenir dans le cadre des résolutions onusiennes.
