Réunie à Alger du 11 au 13 octobre 2026, la sixième session de la Grande Commission mixte de coopération algéro-sénégalaise s’est achevée par la signature de quinze accords et mémorandums d’entente bilatéraux, ainsi que d’un procès-verbal des travaux. Cet événement scelle la réactivation officielle d’un instrument de dialogue institutionnel demeuré en sommeil pendant près de trois décennies. Les pourparlers ont été coprésidés par le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, et par le ministre sénégalais de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, Cheikh Niang.
Une relance diplomatique après trois décennies d’attente
La tenue de cette session bilatérale à Alger formalise une nouvelle dynamique politique entre les deux capitales. Les deux délégations ont exprimé leur volonté commune d’élargir le champ du partenariat et de donner une impulsion renouvelée aux mécanismes d’échanges existants. Lors de son intervention officielle, Ahmed Attaf a rappelé l’importance de réactiver ces canaux de concertation afin de transformer les liens diplomatiques traditionnels en réalisations tangibles. La volonté des deux gouvernements consiste désormais à franchir l’étape des déclarations de principe pour instaurer une coopération opérationnelle durable.
Une coopération multisectorielle axée sur l’économie et les ressources
Le ministère algérien des Affaires étrangères a souligné que les priorités retenues lors de ces trois jours de travail couvrent un spectre étendu. L’énergie, les mines, l’industrie, les investissements et l’agriculture constituent les piliers économiques essentiels de ces engagements. Les discussions ont également englobé les secteurs de la finance, du transport aérien, de la justice, de la culture, des médias, ainsi que la jeunesse, les sports et l’autonomisation des femmes. Les détails techniques de ces quinze accords et mémorandums ont été consignés dans une annexe spécifique, non divulguée au sein de la documentation publique issue de la réunion.
Des perspectives commerciales encadrées par les règles du marché
Constatant que le volume des échanges commerciaux demeure en deçà des capacités régulières de leurs économies respectives, Alger et Dakar entendent stimuler les contacts entre leurs opérateurs économiques. La redynamisation du Conseil d’affaires algéro-sénégalais figure parmi les leviers identifiés, tout comme l’exploitation des opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), dans laquelle l’Algérie s’est investie à travers l’initiative de commerce guidé. Toutefois, la signature de ces protocoles ne modifie pas instantanément les régimes douaniers ni les procédures d’expédition. Les entreprises exportatrices restent soumises aux obligations réglementaires et aux critères de conformité en vigueur jusqu’à la publication d’éventuelles mesures d’application.
Enseignement supérieur, connectivité aérienne et modalités de suivi
Le rapprochement bilatéral prévoit par ailleurs la relance des échanges universitaires, des programmes de bourses d’études et de la mobilité pour les enseignants, chercheurs et experts, sans qu’aucun quota ni calendrier précis n’ait encore été arrêté à ce stade. Concernant les voyages, les discussions autour du transport aérien n’ont pas introduit de nouvelles lignes ou de modifications tarifaires directes, les liaisons régulières restant soumises aux offres commerciales habituelles d’Air Algérie, tout comme les règles de délivrance des visas qui demeurent inchangées. Pour garantir la concrétisation des textes paraphés, les deux pays ont convenu de désigner des points focaux au sein des ministères sectoriels et d’organiser des réunions périodiques afin d’établir des priorités de mise en œuvre.
