Ce lundi, le Syndicat national des transporteurs par taxi a transmis un courrier au Directeur général de la Sûreté nationale pour réclamer une riposte rapide face à une explosion du transport informel. Cette démarche intervient alors que la tension ne cesse de croître entre les chauffeurs professionnels et les plateformes numériques de transport.
Une concurrence jugée déloyale par les professionnels
Le principal grief formulé par le syndicat repose sur le déséquilibre des charges entre les deux modèles. Les chauffeurs de taxi titulaires d’une licence règlent leurs cotisations, renouvellent leurs documents, se soumettent aux inspections. À l’inverse, les conducteurs recrutés par les plateformes échappent aux mêmes obligations selon l’organisation.
Cette situation engendre des recettes journalières en recul et des charges d’exploitation de plus en plus difficiles à absorber. Cette pression financière s’exerce sur un parc roulant vieillissant, ce qui avait déjà poussé le même syndicat à interpeller la présidence en août dernier pour réclamer l’ouverture organisée des importations d’équipements professionnels.
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La sécurité des usagers au cœur des préoccupations
Tout en affirmant ne pas combattre ni l’innovation ni la modernisation des services, le syndicat exige l’application stricte de la loi pour tous. L’organisation met en avant les risques liés à la sécurité routière et à la protection des clients, souvent peu informés du statut juridique du chauffeur qu’ils sollicitent via leur smartphone.
Ce climat de tension rappelle qu’en juin dernier, la mort d’un chauffeur de taxi à Alger après une altercation avec un clandestin avait provoqué une onde de choc dans la corporation et ravivé le débat sur l’impunité régnant autour de certaines stations.
Une cartographie des points noirs remise à la DGSN
Pour rendre son appel opérationnel, le syndicat a joint à sa correspondance un relevé des zones où le transport informel prospère le plus à travers les wilayas du pays. Ces secteurs, qualifiés de points noirs, concentrent les stations sauvages et les lieux de forte affluence.
Enfin, l’organisation propose une coopération directe sur le terrain, affirmant que ses structures locales se disent prêtes à travailler main dans la main avec les services de police pour identifier les contrevenants et accompagner les opérations de contrôle.
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