Une dépendance stratégique assumée
Le bilan de la campagne 2025/26 est sans appel : l’Algérie se hisse au deuxième rang des acheteurs mondiaux de blé ukrainien, avec 2,78 millions de tonnes importées. Seule l’Égypte fait mieux sur ce marché sous tension.
Selon nos informations, l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) a maintenu un rythme d’achat soutenu pour sécuriser les stocks nationaux. Une nécessité absolue face à une consommation de pain qui ne faiblit pas.
Les dessous du marché
Le pays affiche une moyenne de 110 kilos de pain par habitant chaque année. Un record mondial, juste derrière la Turquie. Cette addiction au blé tendre pèse lourdement sur la facture d’importation.
Dans l’entourage proche du ministère de l’Agriculture, on reconnaît que le blé tendre, contrairement au blé dur, reste difficile à produire localement en raison de sa sensibilité aux sécheresses récurrentes. L’Ukraine demeure donc un fournisseur incontournable pour maintenir les prix subventionnés.
L’offensive agricole dans le Sud
L’Algérie ne subit pas passivement cette situation. Des chantiers de grande envergure transforment les zones d’Adrar et Timimoun. L’objectif est clair : booster la production de blé dur et limiter les sorties de devises.
La stratégie reste double : importer pour garantir la stabilité sociale immédiate et investir massivement pour l’indépendance céréalière de demain.
