Industrie automobile : pourquoi le moteur algérien peine à monter dans les tours

par k.sifeddine

Une relance sous haute tension

Le constat est sans appel. Dans son dernier rapport, l’agence Germany Trade & Invest (GTAI) met en lumière les zones d’ombre d’une industrie automobile algérienne qui cherche désespérément son second souffle. Si le redémarrage est amorcé, le fossé entre les ambitions étatiques et la réalité du bitume reste béant.

Une source proche du dossier confie que malgré l’agitation médiatique autour des nouveaux projets, Stellantis demeure le seul industriel à assurer une cadence réelle. Pour les autres constructeurs ayant multiplié les annonces, les lignes de production ne sont encore que des intentions sur papier glacé.

Le spectre de la pénurie

Le marché national suffoque. Avec un besoin annuel estimé à 500 000 unités, l’offre actuelle est largement insuffisante. Dans les coulisses des concessions, on s’inquiète : les importations individuelles, bien qu’utilisées comme soupape de sécurité, ne remplacent pas un réseau de distribution structuré capable d’assurer la maintenance et la garantie des véhicules.

L’épineuse question du « made in Algeria »

La sous-traitance est le véritable nerf de la guerre. L’objectif d’atteindre 30 % d’intégration locale d’ici cinq ans, imposé par le décret n° 22-384, fait figure de test ultime pour les opérateurs. Selon nos informations, le tissu industriel local, composé d’environ 200 entreprises, tente tant bien que mal de se mettre aux standards internationaux.

Le projet General Plastic Injection à Tissemsilt illustre cette tentative de structuration, mais la route est longue. L’Algérie doit désormais prouver qu’elle est capable de dépasser le simple assemblage pour transformer sa base industrielle, sous peine de voir ses voisins du bassin méditerranéen creuser encore l’écart.

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