Visa Schengen et ETIAS : le secteur alerte sur les contrôles

par k.sifeddine

À l’occasion de son sommet mondial réuni à La Valette, à Malte, le Conseil mondial du voyage et du tourisme a rendu public, le 9 octobre 2026, un rapport détaillant les défis de l’espace Schengen. L’organisation internationale demande formellement à l’Union européenne d’accélérer la numérisation des procédures de visa et d’alléger les contrôles aux frontières afin de maintenir son rang face à la concurrence internationale.

Accélérer la dématérialisation des visas Schengen

Le document intitulé « Travel & Tourism in Europe: A Deep Dive Into Growth, Outlook, and Policy » pointe une baisse significative de l’octroi des visas à entrées multiples par rapport aux données de l’année 2019. Selon le WTTC, ces autorisations restent pourtant indispensables pour fidéliser la clientèle venue de pays tiers. L’organisation invite les instances bruxelloises à avancer le déploiement généralisé du visa Schengen en ligne, pour l’instant envisagé vers 2030 par la Commission européenne. La fluidité des accès administratifs demeure la condition première pour éviter le détournement des flux vers d’autres continents.

Fluidifier les dispositifs EES et réduire les taxes annexes

Le passage des frontières européennes subit d’importantes mutations techniques avec l’entrée en vigueur, en avril 2026, du Système d’Entrée/Sortie (EES), avant la mise en application du dispositif ETIAS programmée pour 2027 au tarif fixé à 20 euros. Si ces technologies biométriques ont pour finalité de renforcer le contrôle sécuritaire, les acteurs du tourisme constatent de multiples ralentissements dans les aéroports. Le rapport met également en garde contre la superposition des frais obligatoires imposés aux visiteurs, incluant les taxes de séjour locales et les surcharges aériennes, dont l’accumulation risque d’affaiblir l’attrait financier du continent.

Instaurer un programme pour les voyageurs de confiance

Afin de délester les postes de police aux frontières, l’organisation recommande l’instauration d’un système européen d’usagers réguliers pré-contrôlés, calqué sur le modèle américain Global Entry. Cette mesure s’appuierait sur des données biométriques partagées, dans le respect des règles strictes du RGPD. Sur les 757,3 millions d’arrivées enregistrées en 2025, près de trois quarts correspondaient à des déplacements internes à l’Europe. Le secteur préconise ainsi une diversification active vers les marchés émetteurs extérieurs, notamment en Asie où les arrivées restent inférieures aux niveaux d’avant la crise sanitaire, tandis que les voyageurs nord-américains progressent nettement.

Une projection économique de 1,14 milliard de touristes en 2036

À l’horizon 2036, les prévisions chiffrent la fréquentation touristique européenne à 1,14 milliard de visiteurs internationaux, représentant un apport de 3 800 milliards de dollars pour l’économie et le maintien de 50 millions d’emplois. L’étude anticipe également un basculement historique, l’Espagne pouvant ravir la première place mondiale à la France en volume d’arrivées. L’atteinte de ces résultats dépendra des investissements alloués dans le prochain budget européen 2028-2034, en faveur de la modernisation des infrastructures, des systèmes numériques de gestion des flux et de la régulation de la main-d’œuvre saisonnière.

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