L’université sort des laboratoires pour viser le grand capital
Le cordon ombilical entre la science pure et la cash-machine financière vient d’être sectionné. En faisant entrer sa filiale CRAPC Expertise en Bourse, le milieu académique abandonne ses blouses blanches pour endosser le costume de l’investisseur. C’est une petite révolution dans le paysage économique national : le savoir devient une valeur cotée, sous l’œil attentif des régulateurs. Fini le temps du cloisonnement étanche, place à une logique de marché où les résultats de recherche se transforment désormais en dividendes potentiels pour un écosystème en pleine mue.
- Une entrée en fanfare avec une souscription qui dépasse les attentes : 40.776 actions demandées pour 39.000 offertes, confirmant l’appétit du marché pour les actifs issus de la recherche.
- Un levier financier de 65,24 millions de dinars captés, marquant le passage de l’expertise technique vers une stratégie industrielle ambitieuse.
- Une spécialisation pointue dans les analyses physico-chimiques et le matériel scientifique, visant frontalement la réduction de la dépendance aux importations qui asphyxie les comptes publics.
Derrière ce coup de maître boursier, c’est toute la philosophie du financement des banques et des entreprises étatiques qui est bousculée. Si la manœuvre réussit à transformer cet essai en outil de production locale, c’est une bouffée d’oxygène pour la balance commerciale. Reste à savoir si cette agilité boursière suffira à transformer les thèses en succès industriels pérennes ou si l’on assiste à une simple opération de prestige financier sans impact structurel réel sur le tissu productif algérien.
