Une oasis industrielle au milieu du stress hydrique
Le spectre de la soif ne hantera plus les pipelines. À Skikda, la machine étatique s’emballe. Alors que le pays jongle entre pénuries structurelles et urgences climatiques, Sonatrach vient de dégainer le premier coup de pioche d’un chantier stratégique à Ben M’Hidi. Ce n’est plus du pétrole qu’on extrait, mais de la souveraineté liquide, une manœuvre de haut vol pour verrouiller l’approvisionnement d’un pôle industriel en surchauffe.
- Une capacité de production massive de 140 000 m³ par jour pour sécuriser la zone industrielle.
- Un partage des flux orchestré : 100 000 m³ réservés aux infrastructures industrielles et 40 000 m³ pour le réseau domestique géré par l’ADE.
- Un compte à rebours industriel de 24 mois imposé aux filiales ADC et ENAC pour livrer cette pièce maîtresse du puzzle hydrique national.
Derrière cette mise en chantier, c’est toute l’architecture de la dépendance hydrique qui est remise à plat. En mobilisant ses filiales, le géant des hydrocarbures verrouille la maîtrise d’ouvrage et évite les fuites budgétaires. Reste désormais à savoir si le rythme imposé de deux ans suffira à éteindre les velléités de tension sur le réseau local ou si le coût de maintenance de ces infrastructures ne viendra pas grever, à terme, la facture de l’eau pour les ménages algériens.
