L’omerta brisée sur le théâtre des illusions
Le football algérien ne se contente plus de subir ses échecs, il les dissèque dans une atmosphère de fin de règne. Loin des salons feutrés et des éléments de langage servis par les porte-voix habituels, Djamel Benlamri vient de dynamiter le confort de la FAF. Le champion d’Afrique 2019 ne pointe pas seulement la gestion technique de Vladimir Petkovic, il dénonce un système de connivence où les plateaux télévisés servent de paravent à une incompétence systémique. Ici, le terrain est devenu secondaire, écrasé par le poids d’une hypocrisie qui gangrène chaque échelon, du staff aux instances dirigeantes.
- Petkovic ne serait qu’un fusible de luxe, la véritable défaillance résidant dans une architecture institutionnelle incapable de définir une stratégie de redressement cohérente.
- Une mise à l’index sans précédent des prescripteurs d’opinion qui, entre division des supporters et moralisme sélectif, ont transformé le débat sportif en foire d’empoigne.
- Appel solennel à une intervention directe des tutelles pour mettre fin au cirque médiatique et aux solutions provisoires qui sclérosent le développement du ballon rond local.
La sortie de Benlamri est moins une attaque personnelle qu’un aveu de lucidité sur l’état de décomposition avancée de la gouvernance sportive. En désignant l’hypocrisie comme le mal originel, il renvoie les décideurs à leurs propres contradictions. La question n’est plus de savoir si le sélectionneur doit partir, mais si les structures en place sont encore capables de porter une ambition nationale, ou si elles continueront à naviguer à vue, protégées par le silence complice de ceux qui préfèrent le bruit des polémiques à la rigueur du travail de fond.
