Une rustine face à la saturation
Le ministère de l’Énergie dégaine une prime de 50 000 DA pour le remplacement des climatiseurs obsolètes. Derrière le discours officiel sur l’efficacité énergétique, l’urgence est ailleurs : Sonelgaz est à genoux face à une demande estivale qui explose. Cette subvention, présentée comme une incitation, est en réalité une tentative désespérée de réduire la charge sur un réseau électrique sous tension maximale.
La bascule vers le numérique pour gérer ces aides n’est qu’un écran de fumée pour masquer la précarité du système. En incitant les foyers à s’équiper en matériel local, l’État tente de coupler le sauvetage du réseau avec une perfusion artificielle pour l’industrie nationale. Pendant ce temps, les infrastructures de distribution peinent à encaisser les chocs thermiques, aggravés par des incendies récurrents qui mettent les équipes de maintenance sous pression constante. C’est une fuite en avant technologique : on encourage la consommation d’appareils neufs pour éviter le black-out structurel, sans pour autant traiter le sous-investissement chronique du transport d’électricité.
